02/02/2013

Le joli mois de mai, camarades…

Sans aucun doute, ce fut le plus beau 13 mai depuis le big bang. Bon, je dois avouer que ce fut celui de mes 20 ans. Et, «on n’a pas tous les jours 20 ans, ça n’arrive qu’une fois seulement», on connaît la chanson… Mais, surtout, ce fut le mois de «ma» révolution, le mois où l’on a enfin renvoyé au rancart tous les suppôts de l’ordre castrateur de jadis, parents, profs, flics de tout genre, pour fonder une nouvelle société basée sur l’amour libre et la fraternité sans classes. «Il est interdit d’interdire», «Le bonheur est une idée neuve», «Un bon maître, nous en aurons dès que chacun sera le sien», «Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend», «Explorons le hasard», bref, l’imagination avait pris le pouvoir… Quel pied!

Bien sûr, dix-sept jours plus tard, de Gaulle siffla la fin de la récréation, et tout reprit comme avant. Enfin, pas tout à fait. Et, ce sont les traces qui permettent peut-être aux adolescents actuels de niquer joyeusement leur famille et de cracher sur leur instit’, quand leur carabine 350 magnum s’est enrayée…

Pour «Somme toute», j’ai demandé à Marthe Keller de me raconter son Mai 68. Elle arrivait de Berlin, où la bourrasque révolutionnaire avait soufflé quelques semaines auparavant et était arrivée à Paris pour tourner un film. Celui-ci fut retardé «pour cause d’événements», et elle profita de ce contretemps pour tomber amoureuse de son futur metteur en scène, ne retourna plus en Allemagne et entama la carrière que l’on sait.

Les révolutions avortées, si elles n’améliorent pas toujours la société, ont quand même le mérite de changer le destin de certains. C’est toujours cela. Somme toute…

 

09:48 Publié dans La coulée douce | Tags : blog, invité | Lien permanent | Commentaires (0)