13/12/2014

Entre les bœufs et les ânes

SEB_9817%20copie.pngAinsi donc, chez nos chers voisins français, le combat désormais prioritaire n’est plus celui de la relance économique ou de la lutte contre le chômage et la pauvreté, mais bien celui de la défense de la laïcité. On croyait les choses définitivement apaisées depuis la fameuse loi de 1905, mais les braises couvaient encore sous la cendre, et voilà que la haine divise de nouveau le pays. Pour être exact, il faut peut-être préciser que les braises en question ne sont plus vraiment les mêmes que celles du brasier qui opposait à l’époque les cathos enragés et les républicains agnostiques. Aujourd’hui, le combat s’est déplacé. Il s’agit plutôt d’un nouvel épisode de la guerre entre les tenants du «socle judéo-chrétien», comme ils disent, de la Nation et les «progressistes», prétendus défenseurs des acquis de la laïcité, mais surtout terrorisés à l’idée qu’on puisse les taxer d’anti-islamisme primaire. Pour moi qui me situe plutôt dans le camp des laïcs, qu’on puisse se battre pour interdire une crèche installée dans un Conseil général de Vendée me semble pourtant d’une sottise qui n’a d’égal que l’obligation de consommer du porc dans une cantine scolaire d’Antibes. Enfin, vous me direz que, chez nous, à part de temps en temps une histoire de minaret, nous sommes à mille miles de ces ridicules querelles obsolètes. Nous vivons, Dieu merci (si j’ose dire!), en paix, loin de cette controverse. Bon, j’attendrai quand même, pour en être sûr, la réponse de la Municipalité de Lausanne à la pétition demandant l’autorisation d’un muezzin appelant à la prière dans les rues de la ville…

06/12/2014

Un second souffle sans inspiration

 

simon.jpgDe nos jours, comme on vit plus vieux, les carrières, dans le spectacle comme en politique, sont parfois terriblement longues, surtout quand on n’a plus rien à dire et que l’idée même de «retraite» est exclue. Alors, il faut bien trouver des artifices pour durer.
 
Si «la copie est l’art du XXe siècle», comme on disait à l’époque, cela semble encore exact aujourd’hui. En tout cas dans la chanson populaire, à supposer qu’elle soit un art, bien sûr, n’en déplaise à feu Serge Gainsbourg. Bien sûr, je n’ai rien contre les «standards», ces ritournelles qui deviennent des classiques indémodables, une fois reprises par de grands interprètes qui les marquent de leur empreinte. Quand Paul Anka s’empare de «Comme d’habitude» et en fait «My way», ou quand le groupe beur Carte de Séjour fait exploser le sens de «Douce France», on aurait tort de faire la fine oreille. Hélas, trop souvent, la seule nécessité de s’attaquer à une œuvre existante semble être celle de dissimuler une abyssale panne de créativité. Je ne parle pas du CD, sorti il y a quelques mois par la Bande à Renaud, qui relève plus d’une thérapie de groupe pour réanimer un être cher noyé dans le pastis, mais plutôt des piteuses tentatives de Jenifer avec France Gall, d’Isabelle Boulay avec Serge Reggiani ou même de Salvatore Adamo avec les grands succès de Gilbert Bécaud.
 
Si je puis me permettre, je pense que tous ces estimables artistes devraient tout de même comprendre, à l’instar de François Hollande, qu’il est hasardeux de tout miser sur la reprise.

29/11/2014

Ebola pas aboli

Selon les dernières nouvelles, l’état du médecin cubain atteint du virus Ebola, rapatrié de Sierra Leone et soigné aux HUG, s’améliore. Il semblerait donc que les traitements expérimentaux soient efficaces. C’est évidemment une merveilleuse nouvelle pour lui et pour toutes les équipes médicales envoyées sur le terrain, qui, malgré les précautions prises, risquent à tout bout de champ d’être contaminées.

Et puis, avouons-le, c’est aussi un sacré soulagement pour nous tous, qui voyons ainsi le spectre effroyable de cette nouvelle peste, devenue ainsi peut-être curable, s’estomper. Hélas, les populations directement concernées, quant à elles, ont moins de raisons de se réjouir, car le virus Ebola, comme disent cyniquement certains spécialistes, est une maladie «doublement négligée»: d’abord, parce que quelques milliers de malades, c’est beaucoup pour ceux qui souffrent, mais trop peu pour un marché pharmaceutique potentiel, et que, de toute façon, les personnes atteintes sont bien trop pauvres pour espérer se payer un traitement quelconque.

Il y a quelques années, j’ai été directement concerné par une de ces maladies «négligées», le paludisme cérébral. Je m’en suis sorti parce que j’étais, dans mon malheur, un rare privilégié pouvant, moi, petit Suisse, bénéficier pleinement de la grande efficience du CHUV. C’est alors que j’ai pris conscience de cette évidence, toute simple pour des milliards d’êtres humains, mais encore difficilement admise dans nos pays dits développés, malgré les efforts pourtant répétés de nos assureurs: les limites de la médecine ne sont pas vraiment la science mais l’économie.