06/06/2015

Hugues, Paul-Annick, Carlo, Majid, Marc, Roger et les autres

Simon.pngAinsi donc le Servette FC est mort encore une fois. Bien sûr, pour le supporter que je suis depuis plus de soixante ans, c’est devenu un peu comme le typhon pour un habitant des îles Fidji, un cataclysme récurrent. L’ennui, comme pour les typhons, c’est que les dégâts semblent chaque fois plus graves et que leur fréquence augmente.

Enfin, regardons l’avenir, et soyons convaincus que, tel le phénix, Servette renaîtra une fois de plus de ses cendres. Bientôt, les gradins du Stade de Genève mugiront de nouveau lors de derbies dantesques, entre notre club bien-aimé et Perly III. Et les enfants genevois, par milliers, de toutes origines sociales ou ethniques, rejoindront le mouvement junior, dans l’espoir fou de grossir, un jour, les rangs de l’équipe première pour de futures échéances. A la seule condition, bien sûr, de trouver pour ce nouveau départ un président capable de mener l’indispensable restructuration.

Cet oiseau rare doit réunir un certain nombre de qualités: il doit être financièrement à l’aise, prêt à investir une partie de sa fortune, honnêtement gagnée, dans le club, bien connaître le milieu footballistique, avoir un bon carnet d’adresses, être d’une parfaite intégrité et, surtout, c’est peut-être le plus important, ne pas utiliser le club à des fins d’ambition ou de reconnaissance publique personnelle. Je ne vois qu’un homme capable de relever ce magnifique défi (vous me voyez peut-être venir): notre prochain président ne peut être que Sepp Blatter. Chance inouïe, il est libre.

30/05/2015

Heureux songs!

Autant vous le dire d’emblée, je n’ai pas vraiment apprécié le dernier Concours Eurovision de la chanson. Et ce n’est pas à cause des résultats obtenus. Nous autres Suisses, contrairement à nos voisins français, nous savons depuis belle lurette que, dans ce genre de manifestations, l’essentiel n’est ni de gagner ni même de participer à la finale. Ma déception ne vient pas non plus de Jean-Marc Richard, dont les commentaires avisés et le flux incessant d’anecdotes piquantes sur les candidats nous ont permis de supporter l’interminable retransmission.
 
Non, le problème est ailleurs. L’année passée, grâce à la sémillante présence de Conchita Wurst, on avait gravi une sacrée marche, en passant brusquement d’une simple addition de chansons ineptes à une véritable croisade sociétale, la réhabilitation des drag-queens.
 
Qu’allaient-ils nous proposer cette année? J’en salivais d’avan­ce. Hélas, rien. Ou presque. A part quelques chanteuses en surcharge pondérale, pour nous rappeler, sans doute, que l’obésité grandissante est le fléau de notre temps, et la discrète allusion par la Lituanie au mariage pour tous, les danseurs de même sexe se roulant un patin d’enfer, allusion qui m’échappa, car j’avais les yeux fixés sur les délicieuses jambes de la chanteuse. Et quand je pense que les organisateurs ont réussi à éliminer en demi-finale le groupe finlandais PKN, composé de musiciens punks trisomiques. Vous vous rendez compte, s’ils avaient gagné? Quelle victoire pour la diversité. Et à quelques semaines de la votation sur le diagnostic préimplantatoire, quel barnum. 
 
Jean-Charles Simon

16/05/2015

Le hasard et l’autre usage des choses


SIMON.png
A la lumière de quelques expériences hospitalières, j’ai pu constater que la médecine n’était pas cette science exacte à laquelle je croyais au temps de mes études, et l’information selon laquelle un quart des médicaments utilisés en milieu hospitalier seraient des prescriptions «off label», c’est-à-dire utilisés pour un autre usage que celui indiqué lors de leur inscription de mise sur le marché, ne m’a pas autrement étonné.
Même si j’éprouve de la compassion pour ces humbles chercheurs ayant brûlé leur jeunesse, nuit et jour enfermés dans un labo blafard, dans l’espoir d’obtenir un jour l’autorisation de commercialiser le médicament miracle contre l’ulcère gastrique et qui constatent, trois ans plus tard, qu’il est uniquement utilisé pour induire les accouchements, je pense que l’essentiel est de soulager l’humanité, et peu importe si l’indication initiale est quelque peu trahie.
 
Alors, la nouvelle parue cette semaine selon laquelle le Viagra pourrait être utilisé dans la lutte contre la malaria m’a simplement enchanté. Pour deux raisons: d’abord, ayant été jadis personnellement concerné par cette effroyable maladie, je suis très attentif à tout progrès dans son traitement, même si je suis conscient que l’augmentation de la libido n’est pas la demande prioritaire des populations touchées par le paludisme.

Et, ensuite, pourquoi le taire, parce que, désormais, en rappelant mes antécédents médicaux, je pourrai acheter mes pilules bleues sans craindre l’ébauche d’un sourire narquois poindre sur les lèvres purpurines d’une charmante aide en pharmacie.