07/02/2015

Justice et morale

Je n’ai pas l’habitude de cracher dans la soupe. Aussi, je ne me permettrai pas de remettre en cause un quelconque de vos jugements, chers lecteurs fidèles et nourriciers! Mais il n’empêche que j’ai été légèrement surpris de lire mardi, dans ce respectable journal, que la plupart d’entre vous ne condamnaient pas DSK. Mieux encore, certains estimaient qu’il aurait fait un excellent président de la République. Bon, la question ne se pose plus, puisque à sa décharge, si j’ose en l’occurrence employer cette expression, il a lui-même déclaré avoir tourné la page de la politique. L’issue de ses péripéties judiciaires finalement nous importe peu. Car, que l’ancien directeur du FMI soit reconnu coupable de proxénétisme, même aggravé, ou qu’il ressorte du tribunal, faute de preuve, en simple «libertin», le seul procès à lui faire aurait été d’ordre moral, et le tribunal n’est pas gardien de l’ordre moral. Et puis, de toutes les façons, c’est trop tard. On ne tire pas sur une ambulance, fût-elle couverte de boue.
 
Mais, je ne peux m’empêcher de penser à ceux qui, à l’époque, roulaient à ses côtés à la conquête du pouvoir, qui savaient tout, et que ça ne gênait pas du tout d’imaginer un détraqué sexuel devenir chef de l’Etat. Ce sont les mêmes qui occupent aujourd’hui les plus hautes fonctions et qui légifèrent doctement sur l’interdiction de la prostitution, proclament l’égalité entre les sexes et luttent contre les violences faites aux femmes.
 
Au bal des faux-culs de la politique, peu nombreux sont ceux qui font banquette. Et le pire, c’est qu’ils auraient bien tort d’avoir des scrupules.