09/03/2013

L’euro qui, comme Ulysse, a fait un long voyage…

1er janvier 1999… Quelle belle idée que celle d’une monnaie unique pour toute l’Europe! Fini les spéculations immondes, fini les dévaluations brutales, fini les concurrences fratricides, fini à jamais les guerres qui avaient ravagé si souvent notre continent. Européens! Un nouveau jour se levait, il portait la joie en nos cœurs, la liberté n’était plus un rêve, les droits de l’homme étaient vainqueurs, de notre antique dépendance nous avions chassé l’importun souvenir, et du plus riant avenir, nous osions concevoir l’espérance! Que dans ces lieux allait régner à jamais, l’amour des lois, la liberté, la paix!

Il suffisait pour rejoindre le club des élus de promettre sur l’honneur de satisfaire à quatre critères, dont notamment un déficit public inférieur à 3% du PIB et une dette publique inférieure à 60% du PIB. Vous pensez si tout le monde avait sauté sur cette belle occasion d’instaurer un avenir radieux! Sauf les Anglais, parce que c’étaient les Anglais, les Suédois et les Danois, parce que la peur, ça ne se commande pas. Et sauf nous, bien sûr, qui ne faisions pas partie du jeu, mais qui observions avec intérêt nos copains s’amuser sans nous.

Pour «Somme toute», nous avons demandé à M. Jean-Pierre Roth, ancien président de la Banque nationale de revenir sur cette date. Il nous expliquera que si l’euro est moins triomphant aujourd’hui, c’est que certains ont triché au départ et aussi qu’il fut rapidement considéré comme un oreiller de paresse par beaucoup. Car, la gouvernance européenne, c’est comme le foot dans le préau de l’école, quand les petits jouent mal, on leur tape dessus, quand ce sont les grands, on change les règles.

02/03/2013

Ce malade qui aurait pu gouverner…

Il y a quelques mois, j’eus le bonheur de revoir et converser avec le Dr Pierre Rentchnick, l’auteur de «Ces malades qui nous gouvernent», l’ouvrage qui fit sensation dans les années 1970 en révélant au grand public qu’une kyrielle de grands dirigeants du XXe siècle, de Roosevelt à Franco, avaient été atteints d’une pathologie invalidante pendant l’exercice de leur fonction. Dans tous les cas, évidemment, leur entourage déploya des efforts considérables pour la cacher le plus longtemps possible, car «un président, ça ne démissionne pas», comme avait dit un jour Pompidou, qui était assez concerné.


Je repensais à cette rencontre à propos du nouvel et grotesque épisode opposant DSK à son «essayiste» (le terme semble adéquat…) Marcela Iacub. «On ne tire pas sur une ambulance», pour reprendre la formule inventée par Françoise Giroud, et le sort de DSK ne nous importe plus. Il a quitté l’histoire et n’est plus, quelque temps encore, qu’un sujet de raillerie pour Laurent Gerra. L’essentiel est ailleurs: tous ses «amis» étaient parfaitement au courant de son état bien avant qu’il n’explose en vol. Alors, qu’un homme assoiffé de pouvoir veuille dissimuler ses problèmes d’addiction, rien de plus normal, mais, que son entourage, pour obtenir, grâce à lui un lambeau de gloire, se rende complice de ce silence, et n’hésite pas une seconde à le pousser à la tête de l’Etat, voilà le vrai scandale. Et le pire, c’est que même sans lui, ils y sont parvenus, puisque certains sont devenus ministres. Pour les électeurs, maladie avouée est à moitié pardonnée, mais rien n’est pire que le déni. A Paris comme à Neuchâtel. Somme toute…