04/07/2015

L’éternité, c’est long, surtout vers la fin…

simon.pngCette boutade fameuse (que Woody Allen a piquée sans vergogne à Franz Kafka, paraît-il) est aujourd’hui d’une brûlante actualité. Certes, le désir d’éternité semblait de plus en plus être l’apanage d’un nombre grandissant d’immondes psychopathes, n’hésitant pas à truffer de balles d’inconscients touristes anglais rôtissant sur des transats maghrébins ou à trancher la tête de leur supérieur hiérarchique suite à un léger différend.
 
Mais, aujourd’hui, grâce à des chercheurs américains, l’éternité risque de devenir bientôt à la portée de tous. En effet, ils ont trouvé une molécule capable de faire reculer, voire de stopper la vieillesse. Elle s’appelle la metformine et est déjà utilisée depuis soixante ans dans le traitement du diabète. Ils se sont aperçus que les malades soignés avec ce médicament vivaient incomparablement plus longtemps que les autres. D’ici à abolir la mort, il n’y a qu’un pas. Et, pour peu que le prix soit inférieur à celui d’une kalachnikov, je suis sûr qu’on arrivera à convaincre le djihadiste lambda d’emprunter cette voie plus paisible vers l’Eternité. Reste bien sûr à régler le problème des cent vierges promises. Mais, c’est une simple question de marketing, faisons confiance aux professionnels, comme dirait DSK.
 
Encore faut-il, bien sûr, accepter la notion même d’Eternité. Personnellement, je ne peux vivre que dans un monde éphémère. Tout doit avoir une fin, la profession de chauffeur de taxi comme la Grèce dans la zone euro, et on doit même accepter l’idée que cette chronique, devenue pourtant ce rendez-vous incontournable des lecteurs du samedi, s’arrêtera un jour.