20/06/2015 11:45 Publié dans La coulée douce | Lien permanent | Commentaires (0)

«Mourir, dormir, rêver peut-être…»

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La diffusion récente d’une vidéo où l’on voit Vincent Lambert, le jeune Français plongé dans un état végétatif depuis son accident en 2008, cligner des yeux et suivre du regard son interlocuteur a provoqué un tollé général.
 
Certaines de ces réactions feraient un peu sourire si le sujet n’était pas si grave. Ainsi, immédiatement, de bonnes âmes se sont élevées contre cette violation du «droit à l’image» du patient.
 
Le droit à l’image, je parie que ça doit être le cadet des soucis pour quelqu’un qu’on va faire mourir de faim et de soif. Et puis, évidemment, cet acharnement à maintenir en vie Vincent Lambert ne peut être le fait que d’une secte de cathos-fachos, rétifs au progrès.
 
Beaucoup plus sérieusement, la Faculté dans son ensemble, drapée dans ses certitudes, parle de simples mouvements réflexes, toujours convaincue du côté irréversible de l’état du patient.
 
Or il m’est arrivé une aventure similaire il y a une dizaine d’années. Je me suis retrouvé, moi aussi, plongé dans un profond coma. Quinze jours, ce qui est parfaitement ridicule par rapport à l’expérience de Vincent Lambert, je le concède. Pourtant, durant ce court laps de temps, les neurologues avaient déjà abordé avec ma mère le délicat sujet du jour où il faudrait peut-être me débrancher. Depuis, revenu à la vie grâce à l’efficience des médecins du CHUV, je remercie tous les jours ma mère de ne pas avoir, cette fois-là, confondu vitesse et précipitation, et je vénère tous les humbles praticiens encore conscients que la médecine reste un art.

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