30/05/2015 09:54 | Lien permanent | Commentaires (0)

Heureux songs!

Autant vous le dire d’emblée, je n’ai pas vraiment apprécié le dernier Concours Eurovision de la chanson. Et ce n’est pas à cause des résultats obtenus. Nous autres Suisses, contrairement à nos voisins français, nous savons depuis belle lurette que, dans ce genre de manifestations, l’essentiel n’est ni de gagner ni même de participer à la finale. Ma déception ne vient pas non plus de Jean-Marc Richard, dont les commentaires avisés et le flux incessant d’anecdotes piquantes sur les candidats nous ont permis de supporter l’interminable retransmission.
 
Non, le problème est ailleurs. L’année passée, grâce à la sémillante présence de Conchita Wurst, on avait gravi une sacrée marche, en passant brusquement d’une simple addition de chansons ineptes à une véritable croisade sociétale, la réhabilitation des drag-queens.
 
Qu’allaient-ils nous proposer cette année? J’en salivais d’avan­ce. Hélas, rien. Ou presque. A part quelques chanteuses en surcharge pondérale, pour nous rappeler, sans doute, que l’obésité grandissante est le fléau de notre temps, et la discrète allusion par la Lituanie au mariage pour tous, les danseurs de même sexe se roulant un patin d’enfer, allusion qui m’échappa, car j’avais les yeux fixés sur les délicieuses jambes de la chanteuse. Et quand je pense que les organisateurs ont réussi à éliminer en demi-finale le groupe finlandais PKN, composé de musiciens punks trisomiques. Vous vous rendez compte, s’ils avaient gagné? Quelle victoire pour la diversité. Et à quelques semaines de la votation sur le diagnostic préimplantatoire, quel barnum. 
 
Jean-Charles Simon

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