16/05/2015 09:34 Publié dans La coulée douce | Lien permanent | Commentaires (0)

Le hasard et l’autre usage des choses


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A la lumière de quelques expériences hospitalières, j’ai pu constater que la médecine n’était pas cette science exacte à laquelle je croyais au temps de mes études, et l’information selon laquelle un quart des médicaments utilisés en milieu hospitalier seraient des prescriptions «off label», c’est-à-dire utilisés pour un autre usage que celui indiqué lors de leur inscription de mise sur le marché, ne m’a pas autrement étonné.
Même si j’éprouve de la compassion pour ces humbles chercheurs ayant brûlé leur jeunesse, nuit et jour enfermés dans un labo blafard, dans l’espoir d’obtenir un jour l’autorisation de commercialiser le médicament miracle contre l’ulcère gastrique et qui constatent, trois ans plus tard, qu’il est uniquement utilisé pour induire les accouchements, je pense que l’essentiel est de soulager l’humanité, et peu importe si l’indication initiale est quelque peu trahie.
 
Alors, la nouvelle parue cette semaine selon laquelle le Viagra pourrait être utilisé dans la lutte contre la malaria m’a simplement enchanté. Pour deux raisons: d’abord, ayant été jadis personnellement concerné par cette effroyable maladie, je suis très attentif à tout progrès dans son traitement, même si je suis conscient que l’augmentation de la libido n’est pas la demande prioritaire des populations touchées par le paludisme.

Et, ensuite, pourquoi le taire, parce que, désormais, en rappelant mes antécédents médicaux, je pourrai acheter mes pilules bleues sans craindre l’ébauche d’un sourire narquois poindre sur les lèvres purpurines d’une charmante aide en pharmacie.

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