11/04/2015 13:59 | Lien permanent | Commentaires (0)

La transparence n’est pas limpide

C’est le Graal dont la quête manquait à notre société. Désormais, nous exigeons de tout savoir sur tous, si le pilote de notre avion n’a jamais eu d’envies suicidaires, l’instituteur de nos bambins un vague penchant pédophile ou nos élus un petit compte offshore. «On nous cache tout, on nous dit rien», chantait jadis Jacques Dutronc. Désormais, l’Homme nouveau ne sera plus ce petit tas de secrets, comme disait Malraux, c’est terminé. Aujourd’hui, nous revendiquons la transparence. Pour les autres, bien sûr. Car, en ce qui nous concerne, nous ne sommes pas opposés à la conservation d’une discrétion de bon aloi. Ainsi, nous ne voyons pas vraiment la nécessité de la diffusion urbi et orbi de notre dossier médical dévoilant notre séropositivité, du Registre du commerce recensant nos dernières faillites ou de notre casier judiciaire rappelant les peccadilles de notre folle jeunesse. Finalement, la transparence, c’est comme les caméras de surveillance: qu’elles n’observent que les autres! Sinon, nous aurions vite le sentiment de glisser dans le monde de Big Brother. Ce n’est pas une contradiction, c’est un simple bémol. Quoi qu’il en soit, rendons hommage au Conseil fédéral, qui, toujours au fait du progrès, veut améliorer la mise en œuvre du principe de transparence dans l’Administration fédérale, notamment dans le comportement du Préposé à la protection des données (sic). Bon courage, les gars. Car améliorer la transparence du service de la protection des données, là, on n’est plus dans la vulgaire contradiction, on tutoie l’oxymore. 

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