21/03/2015 11:03 | Lien permanent | Commentaires (0)

Vive le préjudice d’anxiété!

 
Le conseil de prud’hommes de Paris a examiné la semaine dernière le recours contre la SNCF déposé par plus de 150 cheminots exposés à l’amiante durant leur carrière, qui réclament la reconnaissance de leur «préjudice d’anxiété», saisis qu’ils sont par la peur d’être éventuellement atteints un jour d’un cancer. Chaque plaignant demande 12 000 euros de dommages et intérêts.
Si cette demande est retenue, cela sera indubitablement une grande avancée sociale. Et, j’avoue que cela m’a donné des idées. Car, moi-même, sans être totalement hypocondriaque, je ressens de plus en plus cette horrible anxiété, liée à celle encore plus grave de mourir peut-être un jour et, plus le temps passe, plus j’ai l’impression que l’étau se resserre. Bien sûr, je ne peux pas vraiment me prévaloir d’avoir vécu au contact direct de l’amiante, mis à part ma fréquentation durant une quarantaine d’années de la cafétéria de la TSR, avant qu’elle ne fût défloquée. Mais je ne suis pas sûr que cela suffise pour obtenir un dédommagement substantiel auprès des tribunaux, la seule maladie professionnelle officiellement reconnue dans la situation étant la cirrhose due au pastis.
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Aussi, j’ai choisi une autre cible: puisque, comme l’a si bien dit Cioran, cette angoisse existentielle m’obsède depuis toujours, je pense que je vais faire un procès à celle qui est, je suis au regret de dire malgré tout l’amour que je lui porte, la principale responsable de ma venue au monde, donc du préjudice de mon anxiété. Si la SNCF est reconnue coupable, pourquoi pas ma mère, je vous le demande…

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