14/03/2015 10:03 Publié dans La coulée douce | Lien permanent | Commentaires (0)

Les trains qui partent

 

jean.pngC’est comme une fois, il y a bien longtemps, j’étais un jeune comédien rempli d’ambition et de certitudes (c’est vous dire s’il y a longtemps). J’avais à l’époque un très bon ami avec qui je rêvais de partager une carrière évidemment prometteuse.
 
Un jour, il m’invita à monter avec lui à Paris et tenter l’entrée au Conservatoire, seul endroit digne d’héberger notre talent. J’hésitai beaucoup, puis, finalement, sans doute par peur de quitter le cocon familial, je déclinai la proposition. Mon pote m’exprima alors sa tristesse dans une belle lettre que j’ai toujours conservée. Elle se terminait par la dernière phrase de «l’Europe Vagabonde», d’Antoine Blondin, l’écrivain que nous chérissions alors: «Un jour, nous prendrons des trains qui partent.» Le temps est passé. Mon ami est devenu un acteur célèbre. Moi pas. Enfin, pas encore.
 
Cette lointaine histoire me revint bizarrement en mémoire dimanche dernier en regardant d’un œil la rencontre de Coupe Davis, au moment de l’égalisation 2-2 par la Suisse contre la Belgique. Et je songeai alors à ce jeune joueur valaisan, dont le nom échappera désormais à tout le monde, qui aurait peut-être pu devenir un héros, s’il n’avait claqué la porte, la veille, et lâché les copains. Comme quoi, la vanité, c’est comme la trouille, c’est souvent mauvaise conseillère.
Souvenons-nous, dans la Vie, les trains ne partent qu’une fois. Il convient donc de toujours y monter à temps, même si la destination finale reste floue. Car, le plus important n’est pas de forcément arriver quelque part, mais de simplement oser partir.

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