07/03/2015 09:04 Publié dans La coulée douce | Lien permanent | Commentaires (0)

Du passé, faisons table rase

JCHSimon.pngDans la longue liste des exactions commises par les fanatiques du califat islamique autoproclamé, il est bien délicat d’établir un hit-parade de l’horreur, vous en conviendrez. Tortures diverses et variées, décapitations d’otages, assassinats d’enfants, amorce génocidaire de la population copte, otage brûlé vif, tous ces forfaits mériteraient largement la première place de l’abjection.

Pourtant, si je devais donner mon avis, je me demande si je n’aurais pas un petit faible pour le saccage du Musée de Mossoul ou celui, plus récent, de Nimroud. Bien sûr, dans ces cas, il n’y a pas mort d’homme, me direz-vous, ce ne sont que des statues qui ont été massacrées. Mais, comme les médias nous ont complaisamment montré leur action dans la durée, et non pas une vague image floutée comme dans les autres occasions, cela nous a permis de nous forger une opinion sur l’abyssale sottise des terroristes, qui semble s’ajouter à leur totale bestialité.

J’en parlais à un voisin, qui s’étonna alors poliment de ma violente indignation face à cette destruction de vestiges historiques, venant de l’habitant que je suis d’un village, où un spéculateur bétonne dans l’indifférence générale une nécropole et une voie romaines, pour bâtir quelques HLM hideuses.

Cette remarque me cloua le bec un instant, je l’avoue. Je finis par bredouiller que, dans le cas de Domdidier, ces destructions ne sont pas idéologiques, mais uniquement dictées par le pognon. «Faut quand même pas mélanger, Daech et promotion immobilière.» Après réflexion, je ne suis pas persuadé que ma réponse tienne totalement la route.

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