28/02/2015 10:09 Publié dans La coulée douce | Lien permanent | Commentaires (0)

E la nave va…

 

Maintenant, je peuxSIMON.png vous le dire, j’attendais le nouveau numéro de Charlie Hebdo avec une sacrée impatience, certes, mais aussi avec une grande inquiétude. Les survivants allaient-ils oser poursuivre la provocation héroïque, mais potentiellement suicidaire ou faire une pause dans leur lutte contre l’islamo-fascisme, pour reprendre une formule de Manuel Valls?

Un simple coup d’œil sur la nouvelle couverture me rassura pleinement: on y voit Charlie poursuivi par une meute dans laquelle on reconnaît le pape, Marine Le Pen, des banquiers, BFM TV, Sarkozy et, folle audace, un chien noir avec une kalachnikov dans la gueule. Ouf! Avec de tels adversaires désignés, le nombre d’ambassades de France saccagées devrait diminuer et nos dessinateurs bien-aimés espérer survivre au moins une semaine dans leur bunker. Bien sûr, nous qui sommes à l’abri des représailles, nous ne pouvons nous empêcher d’être un peu déçus du choix de leurs cibles… C’est un peu comme si Renaud Lavillenie se contentait désormais de sauter la haie du jardin…

D’ailleurs, pour eux, le vrai danger vient peut-être d’ailleurs. Car Charlie est devenu une somptueuse affaire et nos amis, de sacrés nantis. Dans le landerneau médiatique, un journal à l’avenir financier assuré, ça ne court pas les rues, et ça a de quoi attiser la jalousie, féroce dans la profession, paraît-il…
Ou alors… Une idée horrible traverse brusquement mon esprit: et si ça donnait des envies à d’autres groupes de presse, afin d’améliorer leur bilan? Bon, c’est décidé, même modeste chroniqueur, je fonce acheter un gilet pare-balles, on ne sait jamais.

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