31/01/2015 10:53 | Lien permanent | Commentaires (0)

«Timeo Danaos et dona ferentes»

 
C’est une des formules latines les plus réutilisées en littérature. Ainsi, Alphonse Allais en fit notamment un couple fameux dans un de ses contes (Dona Ferentès étant une beauté andalouse et Timeo Danaos, son amant) et Goscinny s’en servit sans modération dans «Astérix légionnaire».
SEB_0032.pngPour la petite frange de nos fidèles lecteurs qui, histoire de se détendre, n’auraient pas forcément, comme le sémillant Marc Bonnant, la charmante habitude de lire les Anciens dans le texte avant de s’endormir, et qui préfèrent regarder le «Juste prix» présenté par Lagaf, je rappellerai que cette phrase est tirée de l’Enéide. Son auteur, Virgile, la place dans la bouche d’un certain Laocoon, habitant de Troie qui voyait d’un œil suspicieux l’armée grecque, assiégeant sa cité, y introduire un étrange et gigantesque cheval en bois. En français, elle signifie en gros: «Je crains les Grecs, même ceux apportant des cadeaux.»
Or, depuis dimanche dernier, j’ai bien peur que bon nombre de citoyens européens, prenant connaissance de la victoire du parti Syriza et de la nomination d’Antonis Samaras au poste de premier ministre hellène, se mirent irrésistiblement à se prendre pour de modernes Laocoon.
En vérité, ces gens-là ont bien tort de s’inquiéter. Une nouvelle guerre de Troie n’aura pas lieu. Car les Grecs ne sont plus les conquérants de jadis, mais des sans ressources, ayant été un peu négligents sur le règlement des impôts, certes, mais désormais écrasés par l’austérité. Il n’y a aucun piège à craindre: le seul cadeau qu’ils désirent partager, c’est leur dette

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