17/01/2015 09:17 Publié dans La coulée douce | Lien permanent | Commentaires (0)

«Charlie», kilos de bravos en écho…

Jeudi dernier, je me suis levé de bon matin. C’était pour la bonne cause: je voulais moi aussi montrer mon amour de la démocratie, mon attachement indéfectible à la liberté d’expression et ma détermination à lutter contre le terrorisme barbare, tout en évitant comme la peste tout amalgame, bien entendu.

Bref, je voulais acheter, comme tout le monde, le Charlie Hebdo d’après le drame. A la vérité, comme tout le monde, ça faisait belle lurette que je ne le lisais plus. Précisément depuis sa disparition en 1981, date qui a coïncidé à peu près avec la fin de mon adolescence post-soixante-huitarde. Mais, suite aux événements tragiques de la semaine dernière, je trouvais que c’était la moindre des choses de joindre mon chagrin à celui de l’innombrable cohorte rendant un hommage posthume à ces véritables guides spirituels que furent pour moi Wolinski et Cabu, pour ne citer qu’eux (je connais moins les autres victimes).

Même s’ils n’en vendaient plus que dix mille en temps ordinaire et que celui-là sera tiré à cinq millions d’exemplaires, leur assassinat barbare est un trop lourd tribut à payer pour un simple redressement productif, fût-il au-delà des rêves les plus fous d’Arnaud Montebourg. Et il suffit de constater le ressac d’indignation provoqué par la simple présentation à la télévision de la nouvelle couverture pour se convaincre que l’issue du combat pour la laïcité est encore pour le moins incertaine.

J’ai visité quinze kiosques, pas un Charlie à vendre, tous réservés à leurs bons clients. Alors j’ai acheté Vigousse . A défaut de grives…

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