06/12/2014 11:20 | Lien permanent | Commentaires (0)

Un second souffle sans inspiration

 

simon.jpgDe nos jours, comme on vit plus vieux, les carrières, dans le spectacle comme en politique, sont parfois terriblement longues, surtout quand on n’a plus rien à dire et que l’idée même de «retraite» est exclue. Alors, il faut bien trouver des artifices pour durer.
 
Si «la copie est l’art du XXe siècle», comme on disait à l’époque, cela semble encore exact aujourd’hui. En tout cas dans la chanson populaire, à supposer qu’elle soit un art, bien sûr, n’en déplaise à feu Serge Gainsbourg. Bien sûr, je n’ai rien contre les «standards», ces ritournelles qui deviennent des classiques indémodables, une fois reprises par de grands interprètes qui les marquent de leur empreinte. Quand Paul Anka s’empare de «Comme d’habitude» et en fait «My way», ou quand le groupe beur Carte de Séjour fait exploser le sens de «Douce France», on aurait tort de faire la fine oreille. Hélas, trop souvent, la seule nécessité de s’attaquer à une œuvre existante semble être celle de dissimuler une abyssale panne de créativité. Je ne parle pas du CD, sorti il y a quelques mois par la Bande à Renaud, qui relève plus d’une thérapie de groupe pour réanimer un être cher noyé dans le pastis, mais plutôt des piteuses tentatives de Jenifer avec France Gall, d’Isabelle Boulay avec Serge Reggiani ou même de Salvatore Adamo avec les grands succès de Gilbert Bécaud.
 
Si je puis me permettre, je pense que tous ces estimables artistes devraient tout de même comprendre, à l’instar de François Hollande, qu’il est hasardeux de tout miser sur la reprise.

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