29/11/2014 09:20 Publié dans La coulée douce | Lien permanent | Commentaires (0)

Ebola pas aboli

Selon les dernières nouvelles, l’état du médecin cubain atteint du virus Ebola, rapatrié de Sierra Leone et soigné aux HUG, s’améliore. Il semblerait donc que les traitements expérimentaux soient efficaces. C’est évidemment une merveilleuse nouvelle pour lui et pour toutes les équipes médicales envoyées sur le terrain, qui, malgré les précautions prises, risquent à tout bout de champ d’être contaminées.

Et puis, avouons-le, c’est aussi un sacré soulagement pour nous tous, qui voyons ainsi le spectre effroyable de cette nouvelle peste, devenue ainsi peut-être curable, s’estomper. Hélas, les populations directement concernées, quant à elles, ont moins de raisons de se réjouir, car le virus Ebola, comme disent cyniquement certains spécialistes, est une maladie «doublement négligée»: d’abord, parce que quelques milliers de malades, c’est beaucoup pour ceux qui souffrent, mais trop peu pour un marché pharmaceutique potentiel, et que, de toute façon, les personnes atteintes sont bien trop pauvres pour espérer se payer un traitement quelconque.

Il y a quelques années, j’ai été directement concerné par une de ces maladies «négligées», le paludisme cérébral. Je m’en suis sorti parce que j’étais, dans mon malheur, un rare privilégié pouvant, moi, petit Suisse, bénéficier pleinement de la grande efficience du CHUV. C’est alors que j’ai pris conscience de cette évidence, toute simple pour des milliards d’êtres humains, mais encore difficilement admise dans nos pays dits développés, malgré les efforts pourtant répétés de nos assureurs: les limites de la médecine ne sont pas vraiment la science mais l’économie.

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