08/11/2014 13:46 | Lien permanent | Commentaires (0)

Plus belle fut la chute

Je tiens à rassurer enfin les innombrables lecteurs qui s’étaient affolés en constatant l’absence de cette chronique les deux derniers samedis: je ne fus pas victime d’une quelconque censure politique. Mais cédant à ce qui constitue la principale activité du retraité avec la visite chez le cardiologue, le voyage à l’étranger, j’ai réalisé un vieux rêve en me rendant au Zimbabwe pour contempler les chutes Victoria. J’ai pu ainsi rejouer in situ la scène mythique du sublime film de Lelouch, «Itinéraire d’un enfant gâté» en me prenant pour Belmondo. Celui de 1988, bien sûr, car j’espère qu’il me reste quelques mois avant d’envisager incarner le Bébel d’aujourd’hui.
 
Bon, il faut les mériter, ces sacrées chutes! Car, pour l’obtention d’un visa à la frontière, il faut s’armer d’une patience surhumaine. On sent que, par une lenteur calculée, le fonctionnaire local tente de vous faire payer les siècles de colonisation et les trente ans de dictature de Robert Mugabe, le grand ami de Jean Ziegler. A côté, un rendez-vous au Service des impôts du canton de Genève, c’est du nougat, pour vous dire…
 
Mais, l’épreuve passée, c’est sublime. Le spectacle dantesque de cette colossale masse d’eau disparaissant dans le précipice vous apprend à conjuguer le verbe «immense», comme disait le regretté Albert Urfer.
 
Note de la rédaction: Au moment où nous mettons sous presse, nous recevons un mot de Jean Ziegler, membre du Comité du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, qui tient, une fois de plus à préciser que Mugabe n’est pas du tout un grand ami, comme écrit plus haut, mais «une simple connaissance». Dont acte.

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