04/10/2014 10:04 | Lien permanent | Commentaires (0)

La grève de la fin

 

Jean-Charles Simon.jpgConséquence logique d’une vie militante peu active, je n’ai jamais espéré voir aboutir une revendication suite à une action collective. C’est donc toujours avec une grande curiosité que je contemple ceux qui sont contraints de considérer la grève comme un moyen de lutte indispensable.
 
C’est surtout en France, cher pays de mon enfance, que ce principe semble devenu un véritable sport. Jadis surtout réservée aux fonctionnaires qui en usaient régulièrement pour augmenter en toute impunité le nombre de leurs jours fériés, toute corporation paraît désormais s’y adonner. Or, pour espérer réussir, la grève doit répondre à deux critères: d’abord, provoquer une nuisance suffisante pour que la société souhaite sa conclusion rapide et, ensuite, attirer la compassion sur un drame social.
 
C’est dire si l’action des pilotes d’Air France, des pharmaciens ou des notaires a si peu passionné et c’est pourquoi aussi, j’en ai bien peur, l’appel à la grève lancé aux retraités mardi dernier fut un tel bide. Certes, la situation financière de bon nombre de personnes âgées est terrifiante, Dieu sait si je suis solidaire de mes frères en âge, mais, soyons lucides, en quoi une grève des vieux peut-elle constituer une gêne pour la population? Nous, on ne peut même plus s’arrêter de bosser pour emmerder le monde, c’est déjà fait.
 
Alors, mardi dernier, par un beau soleil, les retraités se sont rassemblés sur les places. Peut-être un peu plus nombreux que les autres jours. Et, pour une fois, sans les boules de pétanque. C’est quand même peu pour espérer déclencher une révolution.
 
Jean-Charles Simo

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