20/09/2014

Partir, c'est réfléchir un peu

SEB_6129.jpgMardi dernier, histoire de m’extraire quelques minutes de mes activités trépidantes, je décidai de me changer les idées en écoutant le discours de politique générale de Manuel Valls. J’avoue que cet homme m’a étonné. Il dégage une force de persuasion au-delà de la moyenne. On aurait presque l’impression qu’il croit ce qu’il affirme. Et c’est alors qu’une fulgurante pensée traversa mon esprit. Malgré la parfaite conscience de mes valeurs, je sus que je ne serai jamais premier ministre de la France. Bon, bien sûr, cette question n’est pas vraiment d’une actualité brûlante, et malgré son désarroi, François Hollande n’a pas encore, j’en suis sûr, songé à ma personne comme ultime recours pour sauver son quinquennat. Mais, au cas où cette idée lui viendrait, je préfère lui dire tout de suite que ce job n’est pas fait pour moi.

 
Pour une raison fort simple, je manque de ténacité. Et de la ténacité, il en faut pour être dirigeant dans un système démocratique. Car c’est fou le nombre de gens qui peuvent être d’un avis contraire au vôtre, en démocratie. Et je n’aurais pas la patience de passer mon temps à les faire changer d’avis. Bref, devenir Fidel Castro ou Pol Pot, à la rigueur, mais Manuel Valls, très peu pour moi. Et puis, soyons clairs, si je crains tant la ténacité, c’est que je sais bien qu’avec le temps qu’on passe dans les allées du pouvoir, cette ténacité se change imperceptiblement en obstination. Et qu’alors il est trop tard. Je ne sais pas si j’aurais la grandeur de partir avant comme un Charles de Gaulle, ou si je m’accrocherais comme un Jacques Neirynck.

13/09/2014

Le quai des rossignols

SEB_0074.jpgÇa y est! Je sais enfin ce que je veux faire quand je serai grand. Vous me direz que c’est le moment… Vous avez raison, j’ai longtemps hésité. Mais ce n’est pas facile de choisir quand on est doué pour presque tout.
 
J’avais déjà renoncé à la carrière de pilote de F/A-18 pour cause de myopie, aux sports de combat par peur des coups, au théâtre subventionné par amour du public, à la politique après avoir élu Pascal Couchepin conseiller fédéral, à la radio sans même attendre une baisse des sondages, et, avec le temps, le champ des possibles rétrécissait.
 
Mais, depuis dimanche dernier et mon passage sur les quais de Morges, je sais: je serai écrivain. C’est magnifique, écrivain. Vous êtes assis toute la journée face au lac et vous serrez des mains à des tas d’admirateurs bibliophages. Le seul effort est de leur griffonner de temps en temps une petite dédicace. Un boulot fait pour moi.
 
Bon, bien sûr, encore faut-il écrire un livre. Ce qui est assez fatigant, paraît-il. Enfin, c’est ce que m’avait dit Chessex à l’époque… Et, encore plus difficile et beaucoup plus rare, écrire un livre qui se vende…
 
Je crois que j’ai la recette. Je vais séduire un chef d’Etat, ou mieux (étant plutôt hétérosexuel, inutile de rajouter des difficultés inutiles), une cheffe d’Etat. Genre Eveline Widmer-Schlumpf, c’est mon type de femme… Je vais vivre avec elle quelques mois, et, ensuite, m’arranger pour qu’elle me largue brutalement. Et je raconte tout. Allez, au travail sans tarder, sinon je serai obligé de faire l’impasse sur la prochaine édition du Livre sur les quais.

06/09/2014

Les chevaliers du ciel sont parmi nous

jeancharles_simon.jpgDepuis la votation sur les Gripen,notre armée ne se doutait pas qu’elle pouvait compter sur autant d’admirateurs d’avions de combat

Ainsi donc, ce week-end encore, la Broye, paisible région où j’ai enfin posé mon baluchon après des années de vie errante, va frémir au murmure strident des aéronefs de tout poil. Le meeting AIR14 s’apprête à connaître le même triomphe que la semaine dernière et le moindre chemin de remaniement rappellera aux plus anciens les bouchons des routes françaises sous le feu des Stukas.
 
C’est d’ailleurs peut-être le seul bémol dans l’organisation impeccable de cette fête splendide par notre valeureuse armée. Mais, comment pourrait-on lui en vouloir? A sa décharge, au cours des guerres récentes, elle a été rarement confrontée à des questions d’exode massif de population, et, surtout, depuis la votation sur les Gripen, elle ne se doutait vraiment pas qu’elle pouvait compter sur autant de fervents admirateurs d’avions de combat.
 
Voulant connaître le fond de votre pensée, notre vénéré quotidien a osé vous poser sans détour «la» question de confiance: «AIR14, à Payerne, fait-il trop de bruit?» Vous avez été 61% à répondre: «Non, pour une fois qu’on peut voir tant d’avions.» C’est quasi un plébiscite. Et vous avez évidemment raison. Car, une parade aérienne, c’est un superbe spectacle. C’est aussi beau que le plus beau des feux d’artifice. Ça remplit le ciel et les yeux des petits comme des grands.
 
Et c’est à peine terminé qu’on ne peut s’empêcher d’avoir le sentiment que c’est un peu de l’argent fichu en l’air.

All the posts