30/08/2014

Y'a pas photo...

 

simon.jpgEh bien, mon cher et vieux pays, nous voici donc encore une fois ensemble le samedi, au-devant d’une nouvelle saison de modestes chroniques, dans lesquelles nous nous pencherons sur quelques usages de cette vie que l’on dit moderne; plus je mûris, plus elle me paraît étrange. Un exemple au hasard.
 
Longtemps, pour se photographier soi-même, on avait besoin d’un passant complaisant ou de poser son appareil sur un support stable, et de revenir en courant devant l’objectif avant le déclenchement de l’obturateur. C’était peu pratique, mais cela présentait l’avantage de ralentir le rythme des réalisations stupides. Aujourd’hui, grâce aux nouvelles technologies, et à la facilité de leur diffusion, l’autoportrait a été remplacé par le selfie, et la sottise multipliée par mille. Si Nicéphore Niépce avait imaginé la dérive actuelle de son invention, je suis sûr qu’il aurait effacé toute trace de ses recherches.
 
Dans ce genre, la palme revient évidemment aux photos à poil du maire de Baden. «Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît sur une photographie» compléterait aujourd’hui Michel Audiard.
 
Malgré tout, une photographie peut encore être émouvante. Ainsi, avant-hier, à Payerne, les organisateurs de la manifestation AIR14 avaient invité l’astronaute Charlie Duke, le pilote du module lunaire d’Apollo 16, qui nous montra quelques clichés pris un beau jour d’avril 1972 aux abords du cratère Descartes, dont celui d’une photo de ses enfants déposée par lui-même sur le sol lunaire. Totalement émouvant.
Charlie Duke ou Geri Müller. Sur la lune ou comme la lune, il faut choisir…