28/06/2014 09:52 | Lien permanent | Commentaires (0)

Trop d’info tue l’info

 

En toute franchisjean-charles.jpge, je pensais pouvoir affirmer qu’à part l’affection de mes proches, j’étais arrivé à un stade de ma vie où je n’étais plus «addict» à rien. Sous l’amicale pression de mon cardiologue, j’avais renoncé à mendier des cigarettes aux copains et réussi à ramener ma consommation alcoolique à un niveau dérisoire en comparaison de celle de la plupart de mes ex-collègues radiophoniques. Quant à la prise de stupéfiants, je crois me souvenir que mon dernier joint doit remonter à l’été 1969, à la Baleina Allegra, fameux camping de la Costa Brava. Bref, il me semblait pouvoir faire mienne la célèbre phrase de Nikos Kazantzakis: «Je n’espère rien, je ne crains rien, je n’attends plus rien, je suis libre.
 
Hélas, hélas, hélas, j’étais loin de me douter que la douceâtre vacuité de l’existence du retraité allait me faire tomber sous la coupe d’une nouvelle drogue. Car, il faut me faire une raison, je suis désormais totalement accro aux chaînes d’information continue. Pourtant, grâce à ma méconnaissance de l’anglais, j’avais longtemps su résister à CNN ou à Al-Jazira. Mais, voilà qu’aujourd’hui, à cause de BFM, I-télé ou LCI, je me surprends à regarder des heures le perron de l’Elysée dans l’attente de la sortie d’Arnaud Montebourg passant sans s’arrêter ou une vue de la façade du CHUV, avec régulièrement un zoom sur une fenêtre dont on m’assure que c’est celle de Schumacher. J’ai un peu honte. Car, je sais pertinemment que ces télévisions sont à l’info ce que les chips ou les cacahuètes sont à l’apéro: ça n’a aucune valeur nutritive, mais on les bouffe jusqu’à la dernière.
 
Jean-Charles Simon

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