14/06/2014 09:39 | Lien permanent | Commentaires (0)

Révision déchirante…

2014-06-14_093957.jpgDire que toute ma vie je me suis efforcé d’afficher un pacifisme de bon ton. Et, à part une très courte période dans ma prime enfance où je rêvais de devenir Robin des Bois, Bayard, Turenne ou éventuellement Bonaparte, je n’ai vraiment jamais eu beaucoup d’estime pour les va-t-en-guerre. Je n’ai jamais hésité à affirmer à voix haute, et à toute occasion, que tout conflit armé était un grand malheur, et, sans fausse modestie, j’ai toujours obtenu le plus grand succès dans les soirées karaoké avec mon interprétation du «Déserteur» de Boris Vian, c’est tout dire. J’oserais même avouer que le récent refus populaire d’acheter des Gripen ne me plongea pas dans une dépression abyssale. Bien sûr, rançon du militant, cette courageuse position ne fut pas sans conséquence sur ma carrière militaire, la réduisant à la portion congrue et m’interdisant à tout jamais de briller en société en racontant de désopilantes anecdotes de cours de répète.


Bref, je vivais dans la conviction confortable que les anciens combattants étaient de vieux cons.
C’est donc d’un regard distrait que je regardais les retransmissions du 70e anniversaire du Débarquement, quand une indicible émotion mêlée de honte me saisit brutalement à la simple vue d’un vétéran américain serrant les mains de nombreux enfants venus le saluer. Et je ressentis alors la curieuse et irrésistible envie de le remercier, moi aussi, d’avoir sacrifié sa jeunesse, ce matin de juin 1944, pour que, depuis des lustres, je puisse afficher en toute liberté mon antimilitarisme baba cool.

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