07/06/2014 10:10 Publié dans La coulée douce | Lien permanent | Commentaires (0)

Les chercheurs de l’inutile

 
simom.jpgLongtemps, quand je me retournais sur mon passé, en me remémorant ma trajectoire professionnelle, j’éprouvais une espèce de honte. Quand je pensais que j’avais entamé à l’âge de 20 ans de brillantes études scientifiques, au point que mes professeurs me faisaient déjà miroiter l’avenir radieux d’un nouvel Einstein chouchouté dans un institut prestigieux, dans l’attente du Prix Nobel qui serait tombé un jour comme un fruit mûr, et que j’ai fini ma carrière en tant que «rigolo à la radio», comme disaient mes fils quand ils devaient avouer mon métier à leur maîtresse d’école, il y avait de quoi ressentir de l’aigreur. Quel gaspillage…
 
Mais c’est fini désormais, je suis totalement soulagé. Grâce au Dr Simone Kühn, mes remords d’avoir gâché ma vie en me complaisant dans le dérisoire se sont envolés.
 
Mme Simone Kühn est chercheuse émérite à l’Institut Max-Planck et vient de faire paraître dans le prestigieux Journal of the American Medical Association une longue étude fondée sur l’observation de 64 hommes en bonne santé de 21 à 45 ans, étude dont les résultats montrent que la pornographie est néfaste pour le cerveau.
 
Merci, madame Kühn, de me déculpabiliser en montrant que les savants peuvent être aussi parfaitement inutiles au devenir de l’Humanité. J’espère que l’on continuera à subventionner votre équipe, afin que vous puissiez bientôt nous prouver que ça rend sourd.
 
Jean-Pascal Delamuraz avait coutume de dire: «Des chercheurs qui cherchent, on en trouve, mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche.» Ça dépend encore de ce qu’ils trouvent…

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