17/05/2014 11:15 | Lien permanent | Commentaires (0)

Après l'Eurovision

 

Jean-Charles Simon.jpg«Tout passe, tout lasse», à part bien sûr le téléjournal de Darius Rochebin, rien n’échappe à l’usure du temps. Et le seul moyen d’échapper à la ringardise est de constamment innover.
 
C’est la réflexion que je me faisais samedi dernier, alors que je jetais un œil distrait à la retransmission du Concours de l’Eurovision, tout en étant plongé, comme chaque soir, dans la lecture des «Confessions» de saint Augustin.
 
Il faut vous dire que mes liens avec cette manifestation s’étaient assez distendus depuis ce 6 mai 1989, date à laquelle j’avais eu le grand honneur de commenter pour TV5 la finale de Lausanne remportée, on s’en souvient, par le groupe serbo-croate Riva chantant «Rock me». A l’époque déjà, il m’avait semblé que la faiblesse de cette manifestation résultait du fait qu’elle n’était qu’un simple concours de chansons, généralement parfaitement ineptes. Un quart de siècle plus tard, je suis heureux de constater que ses responsables ont enfin réussi à booster ce concept poussiéreux et le triomphe du travesti barbu Conchita Wurst marque l’aboutissement de ces efforts louables. Désormais, l’Eurovision est enfin devenue un événement incontournable dans la reconnaissance de l’altérité, et dans l’enseignement du respect des persécutés.
 
Je suis évidemment déjà impatient de découvrir la cause à défendre de la prochaine édition. Pourquoi pas le droit à mourir dans la dignité pour les malades plongés dans un coma irréversible? C’est follement tendance et le pays organisateur pourra ainsi faire une économie notable en supprimant l’orchestre.
 
Jean-Charles Simon

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