26/04/2014 09:23 Publié dans La coulée douce | Lien permanent | Commentaires (0)

Brusque baisse de flamme

Simon.jpgUne terrible angoisse existentielle me saisit l’autre week-end. Une de ces angoisses qui semblent indubitablement être la trace du temps qui passe et de la décrépitude qui menace: j’ai brusquement eu un sentiment de lassitude envers le sport.

 
Attention, je ne parle pas d’un sport pratiqué. Il y a belle lurette que j’ai renoncé à toute ambition dans ce domaine. Et je ne parle même pas du récit de mes exploits passés, mille fois répétés devant un auditoire haletant, comme ce drive mythique sur le 9 du Blue Monster du Doral Contry Club de Miami, réalisé, un beau jour de 1978, avec un vulgaire Persimmon Ping d’époque.
 
Non, je parle d’une profonde lassitude ressentie brusquement sur mon divan, lors d’une retransmission à la télé! Moi qui me croyais jusque-là insatiable, au point de dévorer jusqu’au moindre tournoi d’haltérophilie féminine ou de boules anglaises, je me mettais à chipoter. Cela commença avec la finale de hockey entre Zurichois, puis ce fut le Grand Prix de Chine de tondeuses à gazon, le dimanche matin, et l’ennui culmina avec la finale du tournoi de Monte-Carlo, Federer -  Wawrinka.
 
Là, je ressentis la même impression que quand mes deux fils jouent au ballon. C’était attendrissant, sans plus. Après réflexion, je compris que le statut de téléspectateur sportif nécessite obligatoirement une dose minimale de chauvinisme. Je fus alors totalement rassuré: ce n’est pas la sénilité précoce qui m’avait fait perdre le goût du sport, c’était le sport qui était devenu insipide.
 
Inutile de dire que j’ai fait l’impasse sur la finale de Coupe de Suisse du lundi de Pâques.

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