29/03/2014 10:11 | Lien permanent | Commentaires (0)

La retraite des réussis

simon.jpgLe passage à la retraite, sujet récurrent de cette modeste, mais devenue indispensable chronique, est un événement délicat à gérer. A part, bien sûr, pour les membres de la caste étroite des génies, on n’imagine évidemment pas Picasso, Erni, Kurt Masur, Bouteflika ou Patrick Lapp arrêter leur activité pour se mettre au jardinage.
 
Mais, pour tous les autres, cet instant est, soit merveilleux pour ceux qui ont gaspillé leur vie dans un travail détesté, soit horrible pour ceux qui redoutent que ce cap marque la fin de leur gloire. Parmi ceux-ci, à part certains animateurs radio, on trouve évidemment bon nombre de sportifs de haut niveau. J’écoutai, l’autre matin à la radio, l’ancien footballeur et psychologue Lucio Bizzini expliquer la difficulté pour eux de faire le deuil de la compétition. Il est vrai, que, même si leurs performances s’émoussent, ils se sentent encore en pleine forme, ils ne sont pas encore perclus d’arthrose et, pourtant, doivent s’imaginer désormais devenir chef du matériel de leur club, bistrotier, agent d’assurances ou, au mieux, consultant RTS.
 
On imagine leur désarroi, surtout quand ils sortent de la vie active à 30 ans et qu’il leur reste, à la louche, encore une soixantaine d’années à tirer, s’ils ne fument pas et qu’ils modèrent le pastis… La postcarrière risque de leur paraître fastidieuse…
 
Et tout le monde ne peut rêver d’un destin à la Yannick Noah, devenu héros de la patrie, un dimanche de mai à Roland-Garros et qui l’est resté, même reconverti en marchand de soupe.

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