15/03/2014 10:36 | Lien permanent | Commentaires (0)

Toute la musique que j'aime

Autant dire les choses d’emblée, j’ai toujours adoré Johnny Hallyday. Sauf au tout début de sa carrière (juste après l’époque de «Kili Watch», pour mieux vous situer), où j’avoue que je lui ai fugacement préféré Claude François, conséquences de troubles prépubères passagers, sur lesquels je ne désire pas m’étendre plus longuement. Mais, à part cette parenthèse, j’ai toujours été un fan absolu. Même pendant sa période hippie, où Jojo tentait de cacher difficilement son cœur de rocker sous une ridicule tunique à fleurs, même le soir au Parc Lagrange, où, trop bourré pour chanter, il avait laissé le soin d’assurer la partie vocale à son choriste Eric Bamy.
 
Aussi, quand, récemment un fouille-poubelle, pardon, un journaliste d’investigation, après avoir calculé le nombre de jours passés effectivement par Johnny à Gstaad, avait eu le culot de conclure qu’il ne méritait plus son forfait fiscal, une bouffée homicide m’envahit. Et, même si, avant même la diffusion de cet immonde scoop, Johnny avait quitté l’Oberland bernois pour Los Angeles, la trace iconoclaste perdure encore.
 
Mais ce qui rendra Johnny immortel à mes yeux, mieux que tous ses concerts, mieux que tous ses titres mythiques, c’est cette phrase géniale qu’il prononça un jour et dont je n’ai compris la profondeur qu’après mon passage à la retraite: «Je n’ai pas le temps de penser, mais si j’avais le temps, je ne penserais à rien.»
 
J’échange l’œuvre complète de Cioran contre cet aphorisme.

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