08/03/2014 09:52 | Lien permanent | Commentaires (0)

L’espoir s’envole de plus en plus tôt

La seule chose qui me console de vieillir, finalement, c’est de constater l’état dans lequel se trouve la jeunesse d’aujourd’hui. D’après un sondage réalisé par France Télévisions, trois quarts des jeunes interrogés pensent que leur vie sera pire que celle de leurs parents et ne croient plus à leur avenir. Vous me direz qu’il s’agit de la jeunesse française, et qu’il est normal d’imaginer un futur sombre pour ce pays. Mais je ne suis pas certain que, si le même sondage était fait en Suisse, le résultat serait très différent. Aujourd’hui, le virus de l’angoisse existentielle semble frapper de plus en plus précocement.


Par ailleurs, 60% des sondés sont si indignés par la situation qu’ils se disent prêts à descendre dans la rue à l’instar de Mai 68. Hélas, n’en déplaise au regretté Stéphane Hessel, j’ai peur que, là encore, leurs espoirs soient déçus. Car, moi, qui fus un soixante-huitard acharné (j’ai notamment participé courageusement à une mémorable manif devant le consulat de France à Genève qui fit vaciller le pouvoir gaulliste), je puis leur dire que la principale qualité du révolutionnaire en herbe est la totale absence de doute. Nous étions convaincus que nous allions changer la vie, et non pas rechercher la garantie d’un emploi fixe.


Bien sûr, on s’est trompés sur toute la ligne, mais qu’est-ce qu’on s’est fendu la poire…
Dans «révolution», il y a «rêve», et ce serait quand même un peu bête pour notre société d’en laisser le monopole aux seuls futurs kamikazes djihadistes.

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