22/02/2014 17:34 | Lien permanent | Commentaires (0)

Thèse, antithèse, prothèse

 

 
simom.jpgIl y a deux semaines, dans cette modeste chronique, j’avais commis une ode vibrante au progrès médical. Aujourd’hui, je puis vous l’avouer, certes, mon admiration était sincère, mais c’était aussi pour mettre le maximum de chances de mon côté en flattant les chirurgiens en général, et le mien en particulier. Car, ça y est, c’est fait, sous l’amicale pression d’amis déjà passés par-là, j’ai sauté le pas, je me suis fait poser un genou en titane ou en platine iridié, je ne sais plus. Quand je dis «j’ai sauté le pas», c’est une expression, bien sûr, trois jours après l’opération, le pas est encore hésitant et le saut, un vœu lointain. Mais j’ai bon espoir, car mon physio est si fier de moi qu’il m’exhibe dans les couloirs de la clinique, histoire de faire bisquer les autres patients. J’ai beaucoup hésité avant de me faire charcuter. Bien sûr, grâce à ça, je suis sûr que je pourrai désormais marcher vingt ans sans douleur. Mais une prothèse, c’est comme la poudre qui pète qu’une fois, vaut mieux choisir le bon moment. Après réflexion, j’ai pensé que c’était justement le bon moment. Et, le pire, j’ai vraisemblablement raison.
 
Dans notre existence, il nous faut toujours des événements heureux ou malheureux, comme autant de jalons, pour prendre vraiment conscience du temps qui passe. La retraite, un petit-fils qui naît, un copain qui meurt… L’étau se resserre…
 
Mais c’était la première fois que, objectivement, je devais me rendre froidement à l’évidence: un bout de métal garanti vingt ans devrait, selon toute vraisemblance, suffire à mon bonheur.

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