15/02/2014 09:14 Publié dans La coulée douce | Lien permanent | Commentaires (0)

Les conséquences perverses du clopet

JCHS.jpgLongtemps, non seulement je me suis couché de bonne heure, mais je m’endormais à la seconde comme un loir. Et c’était sans crainte que je pouvais faire mienne la phrase favorite d’un ami très cher: «Ce qu’il y a de plus profond en moi, c’est le sommeil.»

Mais, depuis quelques mois, inutile de le cacher, je cherche le sommeil. La preuve, je peux même regarder un épisode de «Dr House» jusqu’à la fin sans sombrer dans un sommeil cauchemardesque, rempli de victimes de maladies orphelines. Pire, il m’arrive même de me réveiller, à 2 heures du matin, sans raisons véritables. Que l’on souffre d’angoisses nocturnes à l’approche d’un entretien d’embauche, d’un premier rendez-vous ou d’un examen de matu, je peux comprendre, mais qu’elles me saisissent au moment même où mon seul contrôle délicat, désormais, est celui de ma glycémie, c’est particulièrement sot, on en conviendra.

Un affreux doute me saisit: et si ces insomnies incongrues étaient la conséquence perverse d’une des pratiques favorites des retraités, seul sport de mon existence pour lequel je semble très doué, la sieste postprandiale? Je serais alors confronté à un terrible dilemme: être condamné à attendre l’aube livide en regardant les passionnantes émissions de TF1 sur la chasse au sanglier, ou renoncer l’après-midi à «cette espèce de mort savoureuse où le dormeur, à demi éveillé, goûte les voluptés de son anéantissement», comme l’a si bien écrit Baudelaire.

Et moi qui me croyais arrivé à un âge enfin exempt de choix cornéliens…

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