25/01/2014

La politique, un travail d’amateur

SEB_6021.jpg J’ai toujours porté une grande admiration envers les vrais professionnels et je les ai toujours préférés aux amateurs, fussent-ils éclairés. C’est vrai en sport (Federer et Wawrinka jouent mieux au tennis que mon beau-frère, qui est pourtant très doué) comme dans les arts plastiques (même si Rousseau était douanier et Cheval, facteur) ou dans les arts vivants (même si Zazie chante moins bien que ma concierge et que la plupart des intermittents du spectacle montent moins souvent sur scène que les comédiens du Groupe théâtral de la Chorale de Pampigny).

Il n’y a finalement que dans trois domaines où je me méfie des professionnels: en plomberie sanitaire, en amour et en politique. En plomberie sanitaire et en amour parce que c’est trop cher, et en politique parce que c’est dangereux pour la démocratie. Alors, quand on annonce urbi et orbi à Berne la disparition du Parlement de milice, dont je fis fugacement partie, cela m’inquiète fortement. Je sais bien que la masse de travail d’un député est telle qu’il lui est devenu impossible de poursuivre en même temps sa carrière antérieure, mais le danger, c’est que, si la politique est vraiment une profession, l’élu n’aura plus qu’une idée en tête: s’accrocher au pouvoir pour rester dans le fromage, en flattant ses électeurs plutôt que de risquer l’impopularité. C’est donc le triomphe assuré de toutes les démagogies.

Pour éviter cet écueil, il n’y a que deux solutions: le mandat unique ou la carrière de dictateur. Cincinnatus ou Robert Mugabe. J’ai personnellement choisi la première…

11/01/2014

Le temps des bonnes résolutions

Il est de bon ton de se gausser des résolutions prises au réveillon, sous le fallacieux prétexte qu’elles ne durent guère plus longtemps que la gueule de bois contractée au même moment. C’est ridicule, car seules les résolutions inassouvies sont respectables, les autres étant par essence médiocres, puisque réalisables.
 
simon.jpgD’ailleurs, elles changent de nature avec les années. D’abord, elles sont intimement liées à l’ambition. Nous souhaitons obtenir la moyenne en allemand ou apprendre le chinois, perdre vingt kilos, baisser notre handicap au golf, séduire Angelina Jolie ou la secrétaire des RH, et gagner à l’EuroMillions. Puis, avec le temps, cette ambition s’estompe drastiquement. Les Allemands et les Chinois n’ont qu’à parler français, aucun régime diététique ne marche durablement, tous les cons font du golf, Angelina a subi une double mastectomie, et nous n’avons plus de prétexte pour monter au bureau des RH. Nous entrons alors dans une seconde phase. Les résolutions perdent de leur caractère offensif et nous, nous nous contentons désormais de ce que nous avons. Nous ne nous souhaitons plus que la santé, car c’est ce qu’il y a de plus important. Avec, tout de même, toujours l’espoir de gagner à l’EuroMillions.
 
Et un jour, que je nous souhaite encore lointain, nous basculerons encore dans une troisième ère, celle où, vanitas vanitatum, omnia vanitas, toutes les résolutions ne seront plus qu’une seule, celle de jeter l’éponge. Et alors, nous nous ficherons enfin de gagner à l’EuroMillions.
 
Obtenir, tenir, partir, les trois grandes périodes de la vie…