11/01/2014 09:56 | Lien permanent | Commentaires (0)

Le temps des bonnes résolutions

Il est de bon ton de se gausser des résolutions prises au réveillon, sous le fallacieux prétexte qu’elles ne durent guère plus longtemps que la gueule de bois contractée au même moment. C’est ridicule, car seules les résolutions inassouvies sont respectables, les autres étant par essence médiocres, puisque réalisables.
 
simon.jpgD’ailleurs, elles changent de nature avec les années. D’abord, elles sont intimement liées à l’ambition. Nous souhaitons obtenir la moyenne en allemand ou apprendre le chinois, perdre vingt kilos, baisser notre handicap au golf, séduire Angelina Jolie ou la secrétaire des RH, et gagner à l’EuroMillions. Puis, avec le temps, cette ambition s’estompe drastiquement. Les Allemands et les Chinois n’ont qu’à parler français, aucun régime diététique ne marche durablement, tous les cons font du golf, Angelina a subi une double mastectomie, et nous n’avons plus de prétexte pour monter au bureau des RH. Nous entrons alors dans une seconde phase. Les résolutions perdent de leur caractère offensif et nous, nous nous contentons désormais de ce que nous avons. Nous ne nous souhaitons plus que la santé, car c’est ce qu’il y a de plus important. Avec, tout de même, toujours l’espoir de gagner à l’EuroMillions.
 
Et un jour, que je nous souhaite encore lointain, nous basculerons encore dans une troisième ère, celle où, vanitas vanitatum, omnia vanitas, toutes les résolutions ne seront plus qu’une seule, celle de jeter l’éponge. Et alors, nous nous ficherons enfin de gagner à l’EuroMillions.
 
Obtenir, tenir, partir, les trois grandes périodes de la vie…

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