23/11/2013 09:31 | Lien permanent | Commentaires (0)

Tu quoque mi fili!

 

 
 
 
Sébastien AnexLongtemps, mon plus grand regret fut celui de ne rien pouvoir transmettre à mes fils. A part, bien sûr, mon château en Sologne, mon riad à Marrakech, mon Falcon 2000, ma collection de tableaux de Jérôme Rudin et ces valeurs, fondamentales pour moi, homme de gauche, que sont la simplicité et le sens du partage.
 
Quand je dis «ne rien transmettre», rien de ma modeste expérience professionnelle, puisque celui de 7 ans a décidé d’embrasser la carrière de fromager et celui de 5 a fermement l’idée de devenir, selon son expression, «vétérinaire pour hommes».
 
Je nous rêvais déjà tous les trois, triomphant ensemble sur les planches. A défaut, j’aurais au moins aimé les faire rentrer à la radio. C’était d’autant plus rageant que le népotisme n’a jamais été le fléau combattu prioritairement au sein de cette entreprise.
 
Puis j’ai fini par me convaincre qu’il est plus simple de voir sa progéniture emprunter d’autres voies. Grâce à Guy Bedos, figurez-vous. Car, voilà un homme qui toute sa vie a tenté courageusement de concilier l’inconciliable, l’humour et le militantisme. Son fils Nicolas débarque sur la scène, plus drôle et beaucoup plus télégénique, et le père, dans son spectacle, se sent obligé de verser dans l’insulte la plus vulgaire pour tenter de régater encore un instant médiatiquement.
 
Depuis, il s’est excusé de ce dérapage, mais, quand un humoriste est obligé de préciser que ses propos sont pour rire, il y a un sacré lézard. Le dernier tour de piste d’un vieux clown est souvent de trop. Surtout quand il a engendré Brutus.

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