09/11/2013 09:23 | Lien permanent | Commentaires (0)

De la fumée sans feu

New_JeanCharleSiomon.jpg Mes premiers contacts avec le tabac datent de ma prime enfance. Grâce à ma tante Jeannine, qui, dans son Opel Olympia, fumait comme un haut fourneau des Players au paquet bleu ciel. A l’époque, hélas, la fumée passive n’existait pas encore, sinon pratiquement toute la génération des «baby-boomers» eût été éradiquée, et la pérennité de l’AVS serait assurée pour un bon moment. Ensuite, il y eut la Virginie qu’on fumait en cachette dans la grange. Là encore, le danger du cancer semblait infiniment moins probable que celui de mourir carbonisé dans l’incendie du bâtiment bourré de foin. Puis Mai 68 arriva, et, avec lui, la Pall Mall rouge, souvent mélangée à des produits moins nocifs que le tabac, tous les partisans de leur légalisation vous le diront.

Quelques années plus tard, j’arrêtai carrément d’acheter des cigarettes et me consacrai à fumer celles des autres. Pas uniquement par pingrerie, mais parce qu’ainsi je diminuai drastiquement ma consommation quotidienne. Cette situation perdura jusqu’à l’été dernier, où je cessai complètement de fumer. Pour deux raisons: d’abord, parce qu’ayant avoué à mon cardiologue cette innocente pratique, il me regarda avec les yeux du juge d’instruction recevant les premiers aveux de Marc Dutroux et, surtout, parce que tous mes copains fumeurs se sont mis à la cigarette électronique. Ils sucent désormais voluptueusement une espèce de stylo distillant de la vapeur aromatisée à la cannelle. Et une cigarette électronique, c’est comme une brosse à dents, ça ne se prête pas. Aujourd’hui, Denis Papin a enterré Jean Nicot et la fumée ne tue plus. Le ridicule non plus.

Les commentaires sont fermés.