02/11/2013 11:49 | Lien permanent | Commentaires (0)

Réflexions spontanées

J’ai beau faire des efforts considérables, tel le nageur au large de la plage d’Hossegor cherchant à rejoindre le rivage par grosse marée, je sens que la «modernitude», comme dirait Ségolène Royal, s’éloigne de moi. Ainsi, j’ai peine à l’avouer, je ne sais pas tweeter, pire, je ne suis pas sûr d’avoir envie d’apprendre. Car autant je me damnerais pour balancer une vacherie à la Laurent Baffie lors d’une conversation entre amis, surtout avec un verre dans le nez et si ces amis sont socialistes, autant je me méfie de ceux qui ont la vanité de vouloir immédiatement transmettre par écrit au monde entier leur réaction instinctive suite à un événement quelconque. «Verba volant, scripta manent», et je me méfie des réactions instinctives.
 
On a beau me dire qu’aujourd’hui, de Nabilla au pape en passant par Alain Berset, tout le monde «tweete», cela ne me rassure pas vraiment. Pour Nabilla ou le pape, passe encore, les conséquences ne peuvent être considérables, mais, pour un conseiller fédéral, c’est une autre chanson. Il me semble que la spontanéité ne devrait pas forcément être sa qualité première…
 
Et je ne peux oublier l’histoire qu’un proche d’Antoine Riboud m’a racontée un jour. Le patron historique de BSN-Danone, quand il recevait pour un entretien d’embauche un hypothétique futur cadre, posait toujours la même question: «Le matin, pour vos ablutions, prenez-vous un bain ou une douche?» Invariablement, pour montrer son dynamisme matutinal et son horreur du temps gaspillé, le postulant répondait: «Une douche, bien sûr, président!» Riboud le regardait alors pensivement et lui disait: «Ah, vous n’aimez donc pas réfléchir…»

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