26/10/2013 09:31 | Lien permanent | Commentaires (0)

Destination Compostelle

Le philosophe André Comte-Sponville a l’habitude de dire que les hommes se divisent en trois catégories: ceux qui croient que Dieu existe, qui sont des croyants, ceux qui doutent que Dieu existe, qui sont des agnostiques, et ceux qui savent que Dieu n’existe pas, qui sont des cons.

Me classant modestement dans la deuxième catégorie, j’ai jusqu’à présent refusé, malgré l’insistance de quelques contemporains et néanmoins amis, de me lancer dans ce qui est désormais le projet phare de tout nouveau retraité branché: partir sur les chemins de Compostelle.

Pour trois raisons. D’abord, à cause de mon manque de besoin de transcendance évoqué plus haut, bien sûr. Mais cet argument, qui me semblait pourtant rédhibitoire, a été rapidement balayé. On m’a fait gentiment comprendre qu’aujourd’hui les pèlerins traditionnels, estampillés chrétiens convaincus, sont noyés dans une marée de marcheurs ordinaires, que la quête du tombeau de saint Jacques a été remplacée par une espèce de long Morat-Fribourg, le mystérieux chemin rédempteur de naguère par le simple GR 65, et les vapeurs d’encens par l’odeur d’embrocation.

Ma deuxième réticence vient du fait que la grande majorité de ces amis sont aussi golfeurs et que je me vois très mal subir, quarante longues soirées de suite au bivouac, les mêmes conversations insipides entendues dans un club-house.

Enfin, et c’est évidemment la raison la plus sérieuse, parce que mon arthrose du genou gauche commence à me faire un mal de chien. Au point que je me demande si, à Compostelle à pied, je ne vais pas préférer Lourdes en train. 

Jean-Charles Simon

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