21/09/2013 09:30 | Lien permanent | Commentaires (0)

Quand la jeunesse rêve de retraite

Je l’avoue, les luttes sociétales en France, le cher pays de mon enfance bercée de tendre insouciance et que j’ai gardé dans mon cœur, me passionnent. J’avais apprécié l’âpre débat du mariage homo, je déguste en connaisseur, parce que le sujet me concerne peut-être de plus près, le combat héroïque des syndicats contre la réforme des retraites et plus précisément celui des bénéficiaires de régimes dits spéciaux, hurlant à la mort à l’idée qu’on puisse toucher à leurs avantages. On a beau leur répéter que les choses ont un peu changé depuis 1937, ne serait-ce que la durée de vie, rien n’y fait, et la pauvreté de leur argumentation n’a d‘égale que la rigidité de leur position. Normal, on lutte pour l’égalité surtout pour l’obtenir, beaucoup moins pour la partager.

Mais quand j’entendis le président du syndicat étudiant annoncer que l’Unef allait se joindre à la lutte, parce qu’il était exclu pour ses troupes d’accepter d’allonger la durée de leurs cotisations, les bras me tombèrent des cuisses. Voilà donc la future élite de la nation, ayant reçu la grâce de suivre des études supérieures pour espérer exercer un métier choisi, privilège toujours exorbitant à notre époque, qui considère comme but suprême le moment où elle pourra cesser toute activité.

De deux choses l’une, soit, hypothèse absurde mais non nulle, ce sont des petits cons, soit l’université n’est plus le lieu merveilleux du développement des têtes bien faites, gage d’une vie multiple et épanouissante, mais n’est devenue qu’une médiocre école professionnelle, incapable de juguler le fléau de la précarité. Pour l’avenir de nos sociétés, prions pour la première solution.

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