14/09/2013 10:33 | Lien permanent | Commentaires (0)

Plongeon dans l’inconnu

Ainsi donc, en plein milieu de l’été, j’ai été brusquement frappé par ce mal incurable appelé pudiquement «limite d’âge». J’ai basculé dans un nouveau monde, celui enchanté, paraît-il, de la retraite et passé du même coup de l’état de salarié à celui de pensionné. Pour quelqu’un comme moi, qui ai eu l’immense privilège de ne jamais connaître le chômage, c’est une véritable révolution copernicienne. C’est la raison pour laquelle la direction éclairée de cet estimable quotidien a pensé me demander chaque samedi de concilier mes sentiments dans une chronique susceptible de fédérer l’ensemble de ses nombrables lecteurs, en rappelant quelques souvenirs amusés à ceux qui ont déjà digéré ce traumatisme et pouvant servir de modestes notions d’apprentissage aux autres, innocents naïfs qui n’y songent même pas encore.

A la vérité, pour moi, il est encore un peu tôt pour savoir si ce changement est oui ou non véritablement un traumatisme, même si le passage fut assez brutal. En effet, trois jours pile-poil après mon «plongeon dans l’inconnu», je ressentis d’épisodiques, mais violentes douleurs dans les deux bras, douleurs montant jusqu’à la nuque et parfaitement insupportables. Je me traînai jusque chez mon médecin traitant, heureusement voisin, qui n’hésita pas longtemps, appela une ambulance, et je partis toute sirène hurlante jusqu’à l’Hôpital cantonal, où une opération en urgence permit de réparer rapidement deux rétré-cissements conséquents du coronaire droit. C’est alors que je compris que je méritais parfaitement mon nouveau statut. Car, comme dirait notre grand penseur Jacques Séguéla: «Aujourd’hui, si, à 65 ans, t’as pas ton stent, t’as raté ta vie.»

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