15/06/2013 09:22 Publié dans La coulée douce | Lien permanent | Commentaires (0)

Un merveilleux fou volant dans sa drôle de machine…

Je n’ai jamais pris le Concorde, et, selon toute vraisemblance, à moins d’un gain inopiné à l’EuroMillions, je n’aurais jamais eu ce privilège.

Pourtant, ce 25 juillet 2000, en apprenant l’accident de Gonesse, nous fûmes nombreux à être saisis d’une grande émotion, qui allait bien au-delà de la compassion habituelle envers les victimes d’un crash aérien. Peut-être parce nous sentions confusément qu’avec cet accident nous allions changer de paradigme, abandonner le culte du progrès invincible, du toujours plus vite, toujours plus cher.

Et fini le sentiment odieux, peut-être, mais délicieux, d’appartenir à une caste supérieure rien qu’en pénétrant dans une aérogare, avant de flâner au Duty Free Shop pour finalement acheter une bouteille de Glenfiddich. En attendant de monter à l’heure prévue dans un jet rutilant, où, à peine sanglé sur un siège en vrai cuir, sentant quelquefois un peu le vomi, il est vrai, vous receviez d’une créature de rêve, aux jambes interminables, un jus d’orange et un chocolat Swissair…

Aujourd’hui, les avions sont devenus des bétaillères, dans lesquelles on nous entasse à la fourche, évidemment en retard, et comme on a payé trois francs six sous, on ravale toute protestation. L’avion, c’est comme le golf, depuis que tout le monde en fait, ce n’est plus du tout marrant.

Il est urgent que des visionnaires inventent de nouvelles drôles de machines volantes. Pour «Somme toute», j’ai rencontré Claudio Leonardi, qui développe, dans le cadre de l’EPFL, son projet «Clip Air». Génial. Bien plus qu’un simple avion, c’est une conception globale et révolutionnaire du transport aérien. Enfin, une nouvelle façon de rêver.

Somme toute…

Jean-Charles Simon, producteur radio
"Somme toute...", tous les dimanches à 13h sur la Première.

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