18/05/2013 09:32 Publié dans Blog | Tags : invité, matin | Lien permanent | Commentaires (0)

Sombre dimanche…

Quand, ce 6 décembre 1992, Jean-Pascal Delamuraz, d’une voix sépulcrale, nous signifia officiellement le résultat de la votation, on comprit parfaitement qu’on avait fait une grosse bêtise. Enfin, quand je dis «on», pas nous, bien sûr, mais les vieux, les ruraux, les analphabètes, les réacs… les Suisses allemands, quoi… Notre vote n’avait pas suffi. Le grand défaut de la démocratie éclate au grand jour quand la majorité a tort, c’est-à-dire d’un avis contraire au nôtre. Et on nous annonça que nous allions entrer dans une période de cataclysmes et de disette, que, bientôt ostracisés par nos voisins, l’asphyxie économique nous guettait, sans compter qu’une guerre civile, à côté de laquelle celle du Sonderbund n’avait été qu’une aimable joute amicale, ne manquerait pas d’éclater. Pour «Somme toute», un des plus fins observateurs de la politique fédérale, notre estimé confrère du «Matin Dimanche» Daniel S. Miéville, revient sur ce dimanche noir, auquel il a d’ailleurs consacré un ouvrage qui vient de paraître aux Presses polytechniques et universitaires romandes.

Vingt et un ans plus tard, on constate bien sûr que les relations avec l’UE sont difficiles, mais qu’on a évité la guerre civile. Si la votation était à refaire, l’embêtant, c’est que, selon toute vraisemblance, le résultat serait le même, mais beaucoup plus net. Pis, si on l’organisait parmi les pays membres de l’UE, beaucoup répondraient de la même façon. Preuve, sans doute, que l’Europe est une idée difficile, «qu’il ne suffit pas de sauter sur sa chaise et crier comme un cabri: l’Europe, l’Europe…», comme disait le Général, et «qu’il faut laisser du temps au temps», comme disait Mitterrand. Somme toute…

 

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