04/05/2013 09:27 | Lien permanent | Commentaires (0)

La mort-vache

Ainsi donc, douze ans et plus de deux cents décès plus tard, la Commission européenne a décidé d’autoriser de nouveau, à partir du 1er juin prochain, l’usage des farines animales. L’interdiction coûtait trop cher et les déchets s’accumulaient. Mais, bien entendu, ce ne seront plus les mêmes farines d’avant la crise de la vache folle. Avant, on utilisait n’importe quelle carcasse d’animal sans distinction et, en plus, on ne poussait pas trop haut le chauffage, histoire d’économiser le fuel pendant la fabrication, ce qui avait la fâcheuse conséquence de préserver le méchant prion, coupable des regrettables effets secondaires observés.

Fini tout ça, juré. Les nouvelles farines seront chauffées suffisamment et élaborées exclusivement à partir de restes d’animaux d’abattoir, certifiés propres à la Consommation, et surtout, on évitera tout «cannibalisme», en donnant, par exemple, de la farine de poulet qu’aux poissons ou aux porcs, et vice versa. Comme ça, si naguère le poulet industriel avait le goût de poisson, désormais le poisson d’élevage aura le goût du poulet, ce qui sera un sacré progrès. Pour «Somme toute», j’ai voulu demander à Pascal Corminboeuf, ancien conseiller d’Etat fribourgeois, chargé de l’agriculture, et paysan lui-même, s’il était vraiment rassuré et si on pourra un jour faire de nouveau confiance à ce qu’on mange.

Faisons un rêve: et si la cupidité sans limites de l’industrie agroalimentaire finissait par se retourner paradoxalement au bénéfice du consommateur? Par exemple, si la substitution du bœuf par le canasson roumain dans les lasagnes congelées diminuait
le nombre des victimes de la maladie
de Creutzfeld-Jacob? Somme toute…

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