27/04/2013 10:16 | Lien permanent | Commentaires (0)

La Rose d’Or, ne la réveillons plus…

En ce temps-là, on osait encore l’appeler le huitième art. Cela signifie sans doute que les programmes de télévision contenaient alors une part de création, qui se nichait surtout dans les émissions de divertissement. Or le divertissement a toujours été considéré par les dirigeants de télévision, issus souvent de la caste journalistique, comme une maladie honteuse.
 
Ils ne comprenaient pas qu’on puisse galvauder cette belle invention dans de vulgaires gaudrioles concoctées par des gugusses incultes. En plus, le divertissement avait encore un autre défaut: il coûtait cher à fabriquer. Sa seule raison d’être, c’est qu’il rameutait souvent de nombreux téléspectateurs. C’est sans doute la raison qui fit se réunir certains producteurs TV, un beau jour de mai 1961, à Montreux, pour confronter leurs plus beaux programmes dans une compétition qui se voulait prestigieuse, le Festival de la Rose d’Or.
 
Avec Guillaume Chenevière, ancien directeur de notre télévision, nous revenons dans «Som-
me toute» sur cet événement annuel qui, de 1961 à 2003 (année où la «Rose» partit, attirée par les sirènes lucernoises), nous permit de découvrir, entre autres, les Monty Python, Benny Hill et Mr Bean. En 2013, la Rose d’Or aura lieu à Bruxelles. Ecartelée entre le festival «bling-bling» de Monte-Carlo et la foire à l’empoigne du MIPTV de Cannes, a-t-elle vraiment encore une raison d’exister? J’en doute. En matière de divertissement, il y a belle lurette que nos chaînes ont renoncé à innover et ne diffusent plus que des franchises achetées à prix d’or. La création est désormais en amont. Somme toute… 

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