20/04/2013 10:03 | Lien permanent | Commentaires (0)

Quand le Mirage était pris en grippe…

Ce jour-là, le conseiller fédéral Paul Chaudet était légèrement tendu. C’était assez compréhensible, puisqu’il devait, devant les caméras de la télévision, répondre aux questions de Claude Torracinta sur les 576 millions supplémentaires qu’allait nous coûter l’achat de notre nouvel avion de combat enfin supersonique. Calmement, il justifia le choix de la Confédération, en répétant que le Mirage III était sans conteste le meilleur appareil du marché, que grâce à lui la Suisse allait enfin pouvoir disposer d’une couverture aérienne moderne et que le dépassement, certes conséquent, était dû à des demandes d’équipements supplémentaires, donc qu’il fallait le considérer comme un investissement supplémentaire et non comme un vulgaire gaspillage. Bref, il tenta de se monter serein, mot qui, pour un homme politique sur la sellette, signifie «avoir la tête sur le billot». Paul Chaudet n’échappa pas à la règle, et deux ans et quelques colonels-fusibles plus tard, il fut contraint de démissionner. Et le scandale des Mirage resta gravé à jamais dans notre mémoire.
 
Notre invité de dimanche dans «Somme Toute», l’ancien chef de l’armée, le commandant de corps Christophe Keckeis, était trop jeune pour avoir vécu cette affaire de l’intérieur (il se rattrapera par la suite avec d’autres psychodrames). En tant que pilote de Mirage lui-même, il insiste sur l’excellence de l’avion qui, pendant plus de trente ans, accomplira à la perfection ses différentes missions. C’est vrai, cela aurait pu être bien pire: comme nos amis allemands, nous avons failli acheter des F104 Starfighter, qui avaient la fâcheuse tendance de confondre attaque au sol et simple crash. Plaie d’argent n’est pas mortelle. Somme toute…

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