06/04/2013 09:23 | Lien permanent | Commentaires (0)

Si tu vas à Rio

Ils étaient venus, ils étaient tous là, il y avait même George Bush, le père maudit, elle allait mourir, la Planète… C’était le 3 juin 1992 à Rio. Pour la première fois vraiment, les grands de ce monde prenaient conscience de l’urgence de la situation et signaient convention sur convention, pour la biodiversité, le développement durable et contre le changement climatique.

On allait voir ce qu’on allait voir. Vingt ans plus tard, les mêmes, ou presque, se retrouvèrent à Rio. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’enthousiasme avait légèrement faibli. En vingt ans, les réalités économico-politiques avaient repris le dessus. On le sait, le seul moyen de prolonger la durée d’un système serait de freiner l’augmentation d’entropie.

Mais la question est de savoir comment faire… Il faudrait un changement complet de paradigme, comme dit Philippe Roch, l’invité de «Somme toute» ce dimanche, qui, à l’époque, en tant que directeur de l’Office fédéral de l’environnement, était présent à Rio, et qui se définit lui-même joliment comme un «objecteur de croissance».

Ah, cette fameuse croissance! Au lieu de promettre son retour orbi et urbi, des trémolos dans la voix, nos chers dirigeants devraient se réjouir comme des fous qu’elle soit miraculeusement nulle pour l’instant. Mais allez dire ça aux pays émergents!

Quant à nous, les riches, il ne nous sert à rien d’imaginer des véhicules plus propres si on en produit plus. Et, s’il a fallu le drame de Fukushima pour qu’on se décide à sortir du nucléaire, sa première conséquence est l’augmentation du nombre de centrales thermiques en construction. On échange simplement le danger nucléaire contre un surcroît de CO2 émis. C’est ce qu’on appelle reculer pour mieux sauter.

Somme toute…

"Somme toutes", tous les dimanche à 13h sur la Première.

 

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