30/03/2013 11:16 Publié dans La coulée douce | Lien permanent | Commentaires (0)

La bataille d’Esculape

La campagne de votation fut rude. L’assurance de base devait-elle rembourser les médecines alternatives? Pas toutes, car le Conseil fédéral avait habilement remplacé l’initiative trop floue par un contreprojet, sélectionnant cinq thérapies parmi les centaines de pratiques plus ou moins farfelues. Ce n’était que justice pour les fans d’homéopathie, de médecine anthroposophique, chinoise, neurale ou encore de phytothérapie, toutes, selon eux, ayant fait largement leurs preuves. «Quelles preuves?» rétorquaient les scientistes invétérés, «Ce ne sont pas avec des poudres de perlimpinpin que l’on se soigne et, en tout cas, ce n’est pas à la communauté d’en assumer le coût.» Le 17 mai 2009, le peuple trancha, et accepta largement le contreprojet, au grand dam de Pascal Couchepin, le ministre en charge de la LAMal, qui pensait aux charges supplémentaires que cette décision allait engendrer. Pour «Somme toute», nous reviendrons sur cette votation avec Claude Roggen, droguiste, herboriste et homéopathe émérite fribourgeois. Curieusement, il nous avouera qu’elle ne provoqua pas vraiment une baisse de son chiffre d’affaires.
 
Bien sûr, cela ne contribua pas vraiment à alléger le coût de l’assurance de base, mais soyons sûrs que, même sans cela, les primes auraient continué à augmenter régulièrement. Quant aux adeptes convaincus de l’efficacité de la centaine des autres thérapies non retenues, ils paient, comme avant, plein pot le prix de leurs croyances et, peut-être, de leur guérison miraculeuse. La Confédération pourrait quand même faire un geste en leur faveur. Pas en surchargeant encore la LAMal, bien sûr, mais en prenant les coûts sur les recettes des impôts ecclésiastiques. Somme toute…

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