23/03/2013 09:21 | Lien permanent | Commentaires (0)

Tabac, arrêt buffet

Ce fut un dimanche noir que ce 1er mai 2010 pour les politologues et les experts de tout poil qui, au bistrot, profitaient de cette atmosphère conviviale pour refaire le monde à l’apéro, en grillant clope sur clope. Dès lors, le peuple souverain l’ayant décidé, on ne fumerait plus dans les établissements publics. Rude choc pour la démocratie directe, car, tous les pharmacologues vous le diront, avec la suppression d’un apport nicotinique constant, la fréquence des brèves de comptoir énoncées chute, et par là même l’intérêt principal à fréquenter les estaminets. Les limonadiers, terrorisés à l’idée d’une baisse du chiffre d’affaires, le comprirent vite et, dès le résultat connu, s’ingénièrent à tempérer la décision populaire, avec notamment la création de fumoirs, où l’on pourrait continuer à fumer, et surtout à boire comme avant. Ce qui eut le don de rallumer la hargne des antitabac, qui se concentrèrent alors sur le sort des vraies victimes de la fumée passive, les travailleuses et travailleurs de la restauration, contraints pour gagner leur pain de sacrifier leurs poumons. Cette deuxième initiative sera d’ailleurs rejetée le 23 septembre 2012. Avec un des plus virulents adversaires du tabagisme, l’ancien conseiller national et actuel président du Conseil municipal de Genève, Jean-Charles Rielle, «Somme toute» revient sur ces votations. La loi actuelle est-elle suffisante, oui ou non? Disons que fumer, c’est très mauvais, boire de l’alcool aussi, protéger les ouvriers contre la fumée passive, c’est noble. Mais ne peut-on pas imaginer des serveuses et des serveurs fumeurs heureux de pouvoir satisfaire leur addiction encore légale sur leur lieu de travail?

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