02/03/2013 10:18 | Lien permanent | Commentaires (0)

Ce malade qui aurait pu gouverner…

Il y a quelques mois, j’eus le bonheur de revoir et converser avec le Dr Pierre Rentchnick, l’auteur de «Ces malades qui nous gouvernent», l’ouvrage qui fit sensation dans les années 1970 en révélant au grand public qu’une kyrielle de grands dirigeants du XXe siècle, de Roosevelt à Franco, avaient été atteints d’une pathologie invalidante pendant l’exercice de leur fonction. Dans tous les cas, évidemment, leur entourage déploya des efforts considérables pour la cacher le plus longtemps possible, car «un président, ça ne démissionne pas», comme avait dit un jour Pompidou, qui était assez concerné.


Je repensais à cette rencontre à propos du nouvel et grotesque épisode opposant DSK à son «essayiste» (le terme semble adéquat…) Marcela Iacub. «On ne tire pas sur une ambulance», pour reprendre la formule inventée par Françoise Giroud, et le sort de DSK ne nous importe plus. Il a quitté l’histoire et n’est plus, quelque temps encore, qu’un sujet de raillerie pour Laurent Gerra. L’essentiel est ailleurs: tous ses «amis» étaient parfaitement au courant de son état bien avant qu’il n’explose en vol. Alors, qu’un homme assoiffé de pouvoir veuille dissimuler ses problèmes d’addiction, rien de plus normal, mais, que son entourage, pour obtenir, grâce à lui un lambeau de gloire, se rende complice de ce silence, et n’hésite pas une seconde à le pousser à la tête de l’Etat, voilà le vrai scandale. Et le pire, c’est que même sans lui, ils y sont parvenus, puisque certains sont devenus ministres. Pour les électeurs, maladie avouée est à moitié pardonnée, mais rien n’est pire que le déni. A Paris comme à Neuchâtel. Somme toute…

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