23/02/2013 10:23 | Lien permanent | Commentaires (0)

Perestroïka, arrêt terminus

Le coup de grâce lui avait été porté sans doute au mois d’août précédent, quand les putschistes l’avaient écarté quelques jours d’un pouvoir déjà bien écorné par la montée en puissance de Boris Eltsine et de sa République de Russie. Mais c’est le 25 décembre 1991 qu’officiellement Gorbatchev démissionna. Et, le lendemain, l’URSS cessa d’exister. A cette époque, ma première pensée alla à nos officiers EMG, car, s’il est pénible de perdre un ami, voir disparaître un ennemi de septante ans n’est pas simple non plus. D’ailleurs, plusieurs ne s’en remirent pas.
 
Pour «Somme toute», nous avons demandé à Eric Hoesli, grand connaisseur et amoureux passionné de la Russie, et qui était précisément sur place pour couvrir les événements, de revenir sur ces semaines qui ont bouleversé l’équilibre du monde. Sans vouloir me vanter, à l’automne de cette année, moi aussi, j’étais de passage à Leningrad, plus précisément le jour où la ville reprit officiellement le nom de Saint-Pétersbourg.
 
Un ami russe, pour m’expliquer que l’ère Eltsine commençait, me désigna un grand bloc en béton, dont l’élégance ne se rencontre que dans les vestiges de l’architecture soviétique et dans certains gymnases vaudois, et me dit: «Ce bâtiment appartenait à la Jeunesse communiste. A la dernière assemblée, ils ne se sont plus retrouvés que trois, tous les autres ayant démissionné. Alors, conformément aux statuts, ils ont décidé de dissoudre le mouvement et fondé une société pour exploiter l’immeuble dont ils se sont retrouvés seuls propriétaires.»
 
Ils devinrent très riches et eurent beaucoup de locataires. Les rats sont quelquefois stupides de quitter trop tôt le navire. Somme toute…

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